mercredi 11 août 2021
Paris 2024
samedi 5 juin 2021
Le trois juin, journée mondiale de la bicyclette
Vive la bicyclette!
La Bicyclette
Quand on partait sur les chemins
À bicyclette
Nous étions quelques bons copains
Y avait Fernand y avait Firmin
Y avait Francis et Sébastien
Et puis Paulette
On se sentait pousser des ailes
À bicyclette
Sur les petits chemins de terre
On a souvent vécu l'enfer
Pour ne pas mettre pied à terre
Devant Paulette
C'était la fille du facteur
À bicyclette
Et depuis qu'elle avait huit ans
Elle avait fait en le suivant
Tous les chemins environnants
À bicyclette
On déposait dans les fougères
Nos bicyclettes
Puis on se roulait dans les champs
Faisant naître un bouquet changeant
De sauterelles, de papillons
Et de rainettes
Profilait sur tous les buissons
Nos silhouettes
On revenait fourbus contents
Le cœur un peu vague pourtant
De n'être pas seul un instant
Avec Paulette
Oublier un peu les copains
La bicyclette
On se disait c'est pour demain
J'oserai, j'oserai demain
Quand on ira sur les chemins
À bicyclette.
jeudi 8 avril 2021
Le bicentenaire Charles Baudelaire
Le volume Les fleurs du mal se distingue tout d'abord par son architecture très élaborée, une première section marquant la tension entre le spleen et l'idéal, de sorte que plus tard, à travers un crescendo savant, on atteind la révolte et la mort.
Le poète donne la priorité au fantasme, à l’imagination sans limites: il faut aller, dit-il, «au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau».
Il y a des poèmes dans lesquels Baudelaire glorifie la beauté, qu'il voit comme un sphinx incompréhensible, mais l'évoque aussi dans son ambivalence, jaillissant du ciel ou de l'enfer. Mais l'aspiration demeure, comme dans l'Invitation au Voyage, à un monde où tout est "ordre et beauté, / luxe, calme et plaisir".
Les textes du cycle du spleen traduisent une crise
existentielle douloureuse, accentuée par l'obsession de la mort.
Verlaine, Rimbaud et Mallarmé trouvent leurs racines dans le lyrisme de Baudelaire.
L’Invitation au Voyage
Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal (1857)








